Mardi 18 Novembre 2025
Prefecture de Fukuoka, Région de Kyushu
📍Kurume Forest Tsutsuji Park
Réveil beaucoup plus tard que prévu : 10h30. C’est embêtant, car la journée s’annonce chargée et le check-in de l’hôtel est à 15h. On aurait aimé arriver plus tôt pour profiter des nombreux onsen proposés par l’établissement.
En plus, vers 4h du matin, on s’est levés pour aller aux toilettes et, face à la vue magnifique sur la ville en contrebas, on en a profité pour contempler le paysage. Autant dire que le sommeil a été très léger.
Au réveil, autre surprise toute mignonne : des enfants d’une école primaire en sortie scolaire. Beaucoup trop mignons.
📍Sur les routes de Yame
On commence la journée en prenant la route vers les gorges de Yamanaka, un endroit connu pour ses momiji aux couleurs d’automne (Note de l’éditeur: érables) et ses petites cascades disséminées un peu partout, donnant au lieu un aspect presque irréel.
Sur les routes de campagne, on croise un groupe d’écoliers qui nous disent tous bonjour. Je fonds littéralement devant cette scène pleine de mignonnerie ! Et pour achever mon petit cœur, une fillette visiblement très motivée prend son courage à deux mains et nous lance un superbe « konnichiwa ! » qui résonne un peu partout. Le détail parfait ? La GoPro était en train de filmer. Toute la scène est immortalisée.
On reprend la route… Et on passe d’un centre ville à des bords de village, puis des routes un peu champêtres, et on voit arriver un problème. Google avait en tête le chemin le plus court, mais visiblement le chemin le plus court n’avait pas Browny Chan en tête… On arrive face à un tout petit chemin qui s’enfonce dans la forêt et les collines, et là j’ai eu un flashback. J’avais vécu une expérience similaire en 2021 pendant un typhon et je m’étais juré de ne plus jamais refaire ce genre de dinguerie. Mais Regi a insisté. Il a donc pris le volant et, honnêtement, il s’en est plutôt bien sorti… même si c’était long, étroit, stressant. Je descendais régulièrement pour enlever d’énormes cailloux sur la route. On avait à peine la place de passer, et le chemin était effondré par endroits. J’ai un souvenir très flou du trajet tellement j’étais terrorisée. Nous avons frôlé la mort un certain nombre de fois sur une route de montagne minuscule dans laquelle nous n’aurions jamais dû passer.
Contre toute attente, on arrive entiers, et le van va bien. Mention spéciale à la peinture mate qui a protégé la carrosserie des branches. Browny-chan est sans aucun doute le meilleur support émotionnel et mécanique dont on pouvait rêver pour ce voyage. On a été récompensés de cet épisode de stress avec un petit village rural disséminé dans la montagne, où les touristes semblaient se faire rares.
📍Yamanaka Gorge
Nous arrivons enfin aux gorges de Yamanaka, pas mécontents de pouvoir souffler un peu. La route semble assez grande, et on pense qu’il devait y avoir un meilleur chemin pour arriver là… Il y a d’ailleurs plusieurs voitures garées, et on les voit mal être passés par le même chemin que nous. Le lieu semble relativement touristique, et ça semblerait étrange que tout le monde doive faire Pékin Express pour arriver ici…
Nichées au cœur des montagnes de Yame, les gorges de Yamanaka changent radicalement de visage selon les saisons : vert profond en été, flamboyant en automne lorsque les érables se parent de rouge et d’or. Peu connues des visiteurs étrangers, elles dégagent une atmosphère discrète et locale, parfaite pour ressentir un Japon rural, calme et profondément connecté à la nature.
En cherchant le parking, on a déjà un bel aperçu de la gorge en contrebas, et on est immédiatement sous le charme. Sur place, on discute avec un monsieur qui nous explique que cette année les momiji sont moins beaux à cause de la chaleur et du manque de pluie. Il nous conseille un autre spot, que l’on note soigneusement. Personnellement, je trouve pourtant l’endroit déjà incroyable. C’est fascinant de voir à quel point l’habitude peut rendre aveugle à la beauté d’un lieu.
On observe aussi deux personnes venues uniquement pour prendre leur voiture en photo devant le panneau décoré de momiji, puis repartir aussitôt. Jamais elles n’auraient emprunté la route que nous avons prise, trop risquée pour leur véhicule. Donc oui, nous avons failli mourir pour rien… mais au moins, ça nous a fait profiter du lieu encore plus.
La balade commence par un point de vue en hauteur sur les gorges, puis nous descendons longer le petit cours d’eau dans la gorge. Et là, le spectacle est saisissant. De petites cascades ruissellent le long des rochers, entourées de tapis de feuilles rouges et dorées. Une pluie de petites feuilles oranges tombe doucement autour de nous, rendant la scène presque irréelle.
C’est un peu plus loin, toujours plongés dans cette atmosphère incroyable, que Regi profite du moment pour faire sa demande en mariage. Alors qu’il était en stresse pour la demande, moi je m’amusais à faire le PNJ qui attends qu’un joueur vienne le voir.
Ce petit bâtard avait prétexté vouloir prendre une photo pour sa grand-mère et m’avait demandé de poser pour une photo de couple. Naïve que je suis, j’ai dit oui… pour les photos, et pour la demande aussi. Il m’a demandé en japonais si j’acceptais de manger sa soupe miso tous les jours. Sur le moment, je comprenais ses mots sans saisir immédiatement le sens. Il a ensuite reformulé de manière un peu plus classique. Et évidemment, j’ai dit oui. (Note de l’éditeur: Après une bonne minute d’attente, pied à terre)
Une fois ce petit détail insignifiant passé, on reprend la balade. (Note de l’éditeur: 🖕)
J’en profite pour faire des tests de vidéos avec ma GoPro qui pourraient être sympa à rendre en film, mais ma perche est trop grande et ma caméra bouge dans tous les sens, on ne comprend absolument pas ce qui se passe sur la vidéo !
Regi se fait plaisir avec les photos tant le paysage est magnifique, et dans ma grande bonté, exceptionnellement je le laisse un peu faire.
En retournant au parking on discute longuement avec un couple âgé absolument adorable, qui nous conseille encore un autre spot de momiji. On n’aura pas le temps aujourd’hui, mais peut-être demain. J’essaie toujours de noter les conseils des Japonais, ils sont souvent précieux.
📍Serapii hiroba
Sur la route, on aperçoit un lac et on décide de faire un détour avant de rejoindre l’hôtel conseillé par le premier monsieur. Le lac est agréable, mais manque un peu de couleurs automnales. En revanche, c’est un spot parfait pour tester le drone… Sur le papier.
Le temps de tout mettre à jour, de comprendre les réglages… on est prêts. Et là, un rapace s’approche un peu trop près, intrigué par ce drôle d’objet volant. Dans le doute qu’il décide d’en faire son repas, on renonce au décollage. Au moins, tout est prêt pour la prochaine fois.
Nous ne sommes pas restés très longtemps au lac du coup et on se dirige vers le fameux hôtel qui est sur le chemin pour les prochaines gorges. L’endroit est très joli, mais on ne souhaite pas s’arrêter, faute de temps. C’est vrai que les momiji ont l’air plus jolis et en un peu meilleur état que les gorges, mais l’ambiance y est totalement différente. Et je pense avoir une préférence pour les gorges de par l’ambiance générale. Mais on profite quand même de la vue, qui est très agréable.
Sur la route Regi voit un héron posant fièrement sur son rocher dans la rivière et trouve la scène très photogénique. On s’arrête alors le temps de prendre quelques photos et de profiter de cette vue de campagne japonaise que j’aime tellement.
En arrivant au dessus de la petite rivière, on avait l’impression qu’il était parti mais au dernier moment on le voit s’envoler et Régi réussit tant bien que mal de faire une photo à la volée.
📍Hyugami Gorge
On arrive ensuite vers un autre ensemble de gorges, bien plus propice au vol du drone. Et là, c’est le bonheur. On teste, on s’entraîne, on apprend à obtenir des plans fluides. Ce n’est clairement pas aussi simple qu’il n’y paraît. Mais on s’amuse énormément.
Juste avant de repartir, on remarque une route abandonnée cachée derrière le parking. Évidemment, on s’y engage. J’avais laissé la porte du van ouverte dans la précipitation… mais on est au Japon, tout va bien.
Un haikyo de route absolument incroyable, figé dans le temps. Des tunnels envahis par la végétation, un silence presque glaçant, des détails qui rendent l’endroit mystique.
Les haikyo au Japon désignent des lieux abandonnés ou laissés à l’abandon depuis des années : écoles, hôpitaux, hôtels, usines ou routes. Le mot signifie littéralement « ruines » et reflète la fascination japonaise pour le passage du temps et l’éphémère.
Le phénomène des haikyo est lié à plusieurs facteurs historiques et sociaux : le vieillissement de la population, l’exode rural et la fermeture d’entreprises ont laissé de nombreux bâtiments vides, surtout dans les zones rurales. Ces sites sont devenus des témoins silencieux de l’histoire locale, conservant une mémoire matérielle des époques passées.
On croise également des cordes de rappel, probablement utilisées par des amateurs d’escalade. Et franchement, ils ont bien raison. Aucun regret, malgré le retard accumulé. Nous devions arriver à l’hôtel à 15h. Il est finalement 17h30. On est arrivé bien plus tard que prévu à l’hôtel parce qu’on a trouvé plein de choses à explorer autour des gorges, et on arrêtait pas de vouloir tout filmer et photographier ! Mais aucun regret, Kyushu devient de plus en plus sauvage au fur et à mesure qu’on s’enfonce, et l’automne est à son apogée. Regi m’a dit qu’il ne pouvait pas rêver d’un meilleur endroit pour faire la demande (qu’il n’avait pas prévu de faire là), et en plus il n’y avait personne avec nous, toutes les conditions se sont réunies parfaitement.
Regi m’a taquiné en disant que je ratais un truc en conduisant, parce qu’il y avait une superbe vue sur le coucher de soleil. J’ai pris note de sa remarque, et n’ai pas hésité à lui rendre la pareille à chaque fois qu’il conduisait le reste du voyage.
📍Hizenya Tsuetate Kanko Hotel
L’hôtel est très bien situé, dans un petit village calme, mais nous arrivons en même temps que deux bus de touristes. Nos jours en van nous avaient presque fait oublier qu’il y avait quand même du monde au Japon.
Fait amusant, l’hôtel est à cheval sur deux préfectures, et nous étions dans l’aile la préfecture de Kumamoto. Une frontière était indiquée dans le couloir qui sépare les deux préfectures. Comme l’accueil et le restaurant étaient côté Oita, nous avons fait un nombre incroyable de changement de préfectures en une journée !
La chambre est agréable, avec de la place pour les futons. Même si des lits sont disponibles, dormir sur un futon reste un petit plaisir personnel. Ils sont venus nous l’installer pendant l’heure du repas pour ne pas nous déranger.
Le futon japonais est né d’un mode de vie où l’espace et la simplicité étaient essentiels. Utilisé depuis des siècles, il se compose d’un matelas et d’une couette posés directement sur le tatami, permettant de transformer une même pièce selon les moments de la journée.
Plus qu’un simple couchage, le futon reflète une philosophie du quotidien : sobriété, praticité et respect des objets. Plié chaque matin et aéré au soleil, il incarne une manière japonaise d’habiter son intérieur, discrète et profondément ancrée dans les traditions.
Le plan est simple : manger, puis onsen. Le dîner se fait sous forme de buffet. Je mange principalement japonais et je retourne remplir mon plateau plus d’une fois. Regi varie davantage. Une chose est sûre, on se régale. Il y avait beaucoup de choix, et plusieurs ateliers où ils préparaient la nourriture et les boissons sur demande. On a décidé de prendre un petit cocktail à base d’umeshu/vin de prune pour trinquer pour la journée. A la demande, et à la survie !
📍Kissho no Yu
Après le repas, nous partons aux bains, situé à l’extérieur de l’hôtel et accessible en bus. Visuellement, c’est très joli. Mais c’est à peu près tout. De mon côté, un grand bain, plusieurs petits bains, et un bain très chaud, tous en extérieur. C’est agréable, mais je m’attendais à un peu plus au vu des photos. Il n’y avait aucun bain aux propriétés spéciales, dommage pour le plus gros onsen de la ville. L’arrivée d’un groupe très bruyant écourte ma séance. Pour la détente, on repassera. Et en plus, Regi m’attend depuis un bon quart d’heure à cause d’un malentendu sur les horaires.
Il me raconte que de son côté, l’expérience n’était pas incroyable. Un groupe de touristes chinois prenaient tous les bains en otage, en discutant fort, et en essorant leur serviette dans l’eau après s’être essuyé le corps avec. Beurk ! Il n’est même pas sûr qu’ils se soient lavés avant d’aller aux bains. C’est dommage, c’était un des onsen qui nous faisait le plus rêver quand on planifiait le voyage, mais au final il était joli et c’est tout.
Il m’a également dit qu’en m’attendant à la sortie du bain, il a vu une femme chinoise vouloir aller dans le bain des hommes au lieu d’aller vers la sortie, et elle est allée assez loin malgré l’appel du staff avant de comprendre, tout le monde a bien rigolé ! On a aussi discuté avec deux dames en sortant du bain, et on a failli leur faire louper leur bus de retour vers l’hôtel, elles semblaient très surprises de voir des français ici ! Regi les ai prises en photo pour elles, et elles semblaient très contentes de notre interaction.
On rentre à l’hôtel complètement éclatés. Les bains me détendent toujours énormément, au point de me plonger dans un état de somnolence avancé. On profite du wifi pour appeler nos proches et annoncer la bonne nouvelle, envoyer quelques photos, puis on s’écroule. Il y a deux autres bains dans l’hôtel qu’on aimerait essayer le lendemain matin avant de repartir. Le réveil est prévu à 8h. La journée suivante s’annonce déjà intense.
On est venus à l’hôtel pour une nuit initialement, avec l’idée de rester peut être pour deux si le resort nous plaisait. Autant la chambre était mignonne et la vue sur la rivière très belle, mais autant il n’y a pas grand chose à y faire. Le bain ne nous a pas plus séduit que ça, le bowling et le Game Center étaient fermés, et il n’y avait pas de umeshu à la boutique, dommage… Je ne sais plus si les massages étaient disponibles ou non, mais peut être qu’ils étaient payants. En tout cas, on a préféré se dire qu’on trouverait mieux ailleurs et qu’on repartait le lendemain pour la suite des aventures comme prévu.


















































































































