Lundi 17 Novembre 2025
Préfecture de Fukuoka, Region de Kyushu
📍Michi no Eki Usui
Début de journée vers 9h40, avec un petit passage au michi no eki pour bien commencer. Il était bien plus calme que celui de la veille ! En sortant, un petit papy tenant un stand discute avec nous et arrive à nous vendre des snacks de patate douce qu’on oubliera de manger pour tout le voyage. On se rend compte qu’une personne est garée juste derrière nous. Vraiment juste derrière. Mais avec suffisamment d’espace pour pouvoir ressortir, donc pas de panique. Regi a tenté de prendre un kaki, inspiré par ceux d’hier, mais il semblait pas très mur lorsqu’il l’a mangé.
📍Akizuki Castle Ruins
On décide de commencer la journée par les ruines du château d’Akizuki.
Akizuki fut autrefois une ville fortifiée autour d’un château construit au début du 13ᵉ siècle par le clan Akizuki, puis gouvernée par le clan Kuroda jusqu’à la fin de l’époque féodale japonaise.
La route que nous empruntons nous amène au cœur de la campagne japonaise : des champs de rizières à perte de vue, quelques maisons éparses. Un paysage qui peut sembler classique, voire banal pour certains, mais que je pourrais admirer pendant des heures. Cette vue fait, entre autres, partie des joies d’être en van.
Finalement, nous arrivons sur place. Nous avons un peu de mal à trouver un parking où nous garer. Le GPS nous fait passer par une ruelle presque piétonne. Très peu de véhicules passent ici, et nous, on y est avec notre énorme tank.
Nous finissons par trouver une place et remontons à pied cette fameuse ruelle. Elle est bordée de petites boutiques à l’architecture typique des anciens bâtiments japonais et de grands cerisiers. Cela doit être absolument magnifique en période de hanami (floraisons des cerisiers). Quelques yatai disséminés ici et là nous attirent avec des odeurs alléchantes. Je résiste et continue simplement ma route.
Nous arrivons enfin à ce qui semble être l’entrée des ruines du château. L’endroit est magnifique, hors du temps… mais impossible de trouver les ruines de quelconque château. À la place, nous visitons un temple superbe, juste à côté d’une école encore en activité. Comme nous sommes lundi, les élèves sont en cours. Surplombant l’école, deux arbres immenses attirent immédiatement le regard. On n’arrive même pas à les prendre entièrement en photo, tellement ils sont grands.
Notre balade se poursuit au fil des camélias en fleurs, des cèdres et des érables. Les couleurs de l’automne commencent doucement à apparaître, à mesure que l’on descend vers le sud de Kyushu.
Arrivé au niveau d’un temple, une petite fille attire notre attention, car elle essayait de faire une offrande mais était tellement petite qu’elle avait bien du mal à monter les marches ou sonner la cloche. Heureusement, sa maman et sa mamie étaient là pour l’aider. Le temple était niché entre de grands arbres qui semblaient figer ce lieu dans le temps. On avait aussi de la chance, le lieu était assez calme, ce qui rajoutait à l’ambiance paisible.
Petite anecdote : près d’un escalier très mignon que l’on voulait prendre en photo, trois femmes montaient tranquillement. On décide d’attendre qu’elles passent, mais elles s’arrêtent toutes les trois marches pour discuter de tout et de rien. Au bout de 2-3 minutes figées sur la même marche, je finis par leur dire que j’aimerais prendre une photo, et là s’ensuit une discussion faite de cinq bonnes minutes d‘excuses, fourvoiements et rires dans tous les sens. Un moment tout simple qui me rappelle ce que j’aime tant dans le Japon. Résultat des courses: on attendait pour rien, puisqu’on préfère la photo avec elles dessus !
Après la visite du temple, j’achète un goshuincho (petit carnet religieux qui permet de collecter de superbes sceaux dans les temples et sanctuaires), ce qui me vaut en plus une petite purification de la part de la prêtresse. Nous retournons ensuite dans la ruelle pour prendre le temps de visiter les alentours et les petites boutiques de la vieille ville. L’endroit est vraiment très agréable.
📍The sound of the owl by Akizuki Irorizo
Mais l’heure n’est plus à la contemplation, j’ai faim. Regi nous trouve un restaurant juste à côté. Sur le chemin, nous croisons des lieux très photogéniques sur lesquels nous passons plus de temps que prévu, mais aucun regret : la vue vaut le coup. Cela me permet de demander à Regi de faire toute sorte de tests photo.
« Tiens, prends ça en photo, s’il te plaît. Oh, ici aussi, en zoomé. Et là, regarde, c’est sympa, non ? »
Résultat de la journée : 742 photos à nous deux. Oui oui, même si elles sont moins bien, je prends aussi des photos.
Bon et ce resto alors ? On finit par s’y rendre et franchement grosse surprise : la spécialité, c’est le poulet grillé. Et quel poulet, comme diraient les jeunes. Je prends l’Akizuki au sel, Regi les cuisses de poulet au tare, avec deux bols de riz. Le poulet est juteux et tendre à souhait. Le riz, lui, est cuit dans des marmites à l’ancienne appelées kamado gohan. On cuit nous-même notre poulet sur un petit barbecue au charbon intégré dans la table, ce qui donnait une superbe odeur au restaurant ainsi qu’à la ruelle adjacente. Fun fact: Au Japon il y a une variété de poires qui s’appelle « La France ». Ils avaient ici des ramune à la france. Forcément, on en a pris, et franchement ils étaient très bons. On en a rigolé aussi avec la serveuse !
Le kamado gohan est traditionnellement cuit dans un pot en terre cuite, ce qui permet d’obtenir une petite croûte de riz croustillante, appelée okoge, tandis que le cœur reste fondant et moelleux. L’okoge est d’ailleurs la partie préférée de beaucoup de Japonais.
Il est temps pour nous de reprendre la route. En sortant du restaurant on voit une petite carte du coin, et nous essayons d’aller voir une chute d’eau un peu plus loin, mais impossible de s’y arrêter. Lorsque le GPS nous dit qu’on est arrivés, on les entend juste en contrebas de la falaise, et on ne voit pas du tout comment y aller, ni même comment se garer pour tenter quelque chose à pied quelque part. Il est tout aussi impossible de faire demi-tour. La route est continue, sans aucun espace suffisant pour manœuvrer avec notre tank. Mais la route est très jolie, et encore une fois, aucun regret.
La route nous mène finalement vers un vieux tunnel extrêmement mignon, qui rappelle un peu celui qu’on peut voir au début et à la fin du Voyage de Chihiro. Un peu plus loin, nous trouvons enfin un endroit pour faire demi-tour, ce qui nous permet, au retour, de nous arrêter près du tunnel. Il y règne une atmosphère unique, difficile à décrire.
Lors de notre passage dans le petit hameau, un petit papy semble très surpris de voir des touristes ici, encore plus une femme blanche conduisant un vieux van aménagé des années 90 repeint d’une couleur inhabituelle. J’espère qu’il n’est pas allé consulter un ophtalmo ou un psy après notre passage. L’idée de la chute d’eau étant définitivement abandonnée, nous nous dirigeons ensuite vers le temple Momiji, ce qui veut littéralement dire feuilles d’automne, ce qui nous semble fort prometteur. Sur le trajet, petit arrêt dans un supermarché situé dans une zone industrielle pour que je prenne un spray pour la gorge et des masques. Ma gorge commence à me faire un peu mal, alors autant prévenir que guérir.
📍Eishoji Temple
Arrivés près du temple, on se gare puis on termine à pied. Le temple semble être dans les hauteurs et passer par des endroits un peu étroits et peu pratiques pour les véhicules de la taille de Browny-chan. Et se balader dans les rues japonaises excentrées a aussi un certain charme que j’apprécie également.
Petite anecdote : Sur le chemin, Regi prend une énième photo d’araignée, juste devant un hôpital. À ce moment-là, deux infirmières passent derrière nous et se demandent ce que l’on peut bien prendre en photo. Quand elles comprennent, elles lèvent la tête, et la scène devient assez drôle et même à travers la vitre je pouvais comprendre ce qu’elles disaient. En repartant, elles nous font un petit coucou, et semblent très contentes qu’on leur réponde.
La route jusqu’au temple est calme et agréable. La campagne japonaise a vraiment quelque chose d’intemporel. En quelques minutes seulement, nous passons entre deux bâtiments d’hôpital reliés par une passerelle, devant de vieilles habitations, d’autres plus récentes, un champ de plaqueminiers, et une végétation aux couleurs variées.
Arrivés au temple, j’ai du mal à trouver les mots pour décrire à quel point c’est à couper le souffle. Peut-être aidé par les 100 marches qu’on vient de monter, mais le temple est très beau. Un parfait exemple d’architecture humaine qui s’adapte à la nature. Le lieu est paisible, et les sons de la nature m’apaisent complètement. Il y a de grands gingko entouré de petits arbustres qui veulent devenir grands, de superbes érables en plein changement de couleur, et beaucoup de végétation diverse mais harmonieuse.
📍Kurume Forest Tsutsuji Park
On se dirige ensuite vers Kōrasan, un point de vue proche d’ici surplombant Kurume. Depuis le parking, la vue sur la ville est déjà très sympa. On aimerait monter jusqu’au sommet, mais la nuit tombe trop vite. On décide quand même de monter à la lueur de la lampe torche, et là, la vue nocturne sur la ville se dévoile devant nous. Bien plus belle que celle d’en bas, même s’il y a quelques arbres devant.
On redescend et on commence à chercher où manger. À la base, je voulais cuisiner quelque chose sur un parking, mais Regi préfère manger au restaurant. Sur le chemin, on repère plusieurs parkings où on pourrait passer la nuit. Finalement, on choisit le premier où on venait de se garer, à la fois bien placé pour la journée du lendemain et offrant une bien meilleure vue.
Sur la route vers le restaurant, on fait un arrêt au FamilyMart pour prendre à boire. Et finalement, l’appel du konbini sera plus fort, on mangera dans le van. Avec nos provisions, on remonte au parking et on profite d’une vue superbe et bien dégagée pour dîner.
On se rend compte que ce parking est un spot pour les couples, et que la route de montagne à côté est un spot pour les voitures de drift. Ambiance particulière. De 19h à 23h environ les couples passaient à tour de rôle pour regarder la vue, puis de 23h à 3h du matin c’était au tour des voitures de drift de s’amuser.
On range ensuite complètement le van avant de s’installer pour la nuit.
Mais avant de dormir, on donne du bacon qui a pris l’eau à la dizaine de chats présents près de l’aire du parking. Les chats de rue sont très courant au Japon, mais bien souvent des gens les nourrissent. D’ailleurs ils n’avaient pas l’air affamés, bien qu’heureux de l’offrande.
Encore une très belle journée, riche en découvertes. Et c’est au son des voitures de drift que nous finissons par nous endormir.


















































































































