Jeudi 20 Novembre 2025
Prefecture de Oita, Région de Kyushu

📍Logement à Yufuin

Réveil à 8h30. C’est un peu dur, mais pour une fois, on a vraiment bien dormi comparé aux nuits précédentes. Clairement, ça fait du bien, 75€ bien investis. Pour le petit déjeuner, on a voulu tester des smoothies de konbini… bon, on va être honnête, ce n’était pas incroyable. On range rapidement la maison, car aujourd’hui une grosse journée nous attend.

Et pas n’importe laquelle… JOURNÉE ONSEN !!!

En partant, on voit au loin arriver qui semble être la femme de ménage, mais comme on est déjà un peu pressés, on ne fait pas demi-tour. Pour la première fois depuis le début du voyage, on prend l’autoroute. Mine de rien, ça nous fait gagner une vingtaine de minutes, et aujourd’hui, chaque minute compte.

📍Château de Kitsuki

Première étape : le château de Kitsuki. En arrivant sur place, je réalise que… je l’avais déjà visité. J’avais complètement oublié. Mais ce n’est pas grave, car l’accueil est royal : plusieurs rapaces planent juste au-dessus de nous, ce qui permet à Regi de faire de superbes photos.

On se balade tranquillement autour du château, avec une vue magnifique sur la ville et la baie. On choisit de ne pas payer pour visiter l’intérieur. Pour être honnête, je trouve souvent que l’intérieur des châteaux japonais ne vaut pas forcément le détour. L’extérieur, l’architecture, les jardins, la vue… c’est souvent ça qui me plaît le plus. Et ici, même les toilettes valent presque le détour. De plus, ce château semble assez petit, donc on préfère garder notre temps et notre argent pour le reste de la journée !

Après cette petite balade, on reprend la route vers Beppu pour enfin commencer ce qu’on attendait depuis ce matin : la tournée des onsen.

📍Quartier Myōban, Beppu

J’aime tellement cette ville. Et encore plus le quartier de Myōban, à Beppu.

Niché dans les collines au-dessus de la ville, en pleine forêt, ce quartier a quelque chose de spécial. Il y a relativement peu de monde, notamment parce que la route pour y accéder est raide et franchement compliquée sans véhicule. La plupart des touristes venant visiter Beppu viennent en énormes cars de tourisme, visitent les enfers de Beppu que nous verrons demain, puis repartent, sans jamais venir dans ces recoins. Seuls quelques motards viennent ici pour la vue.

Myōban est connu pour ses nombreux onsen avec une vue incroyable sur Beppu et la mer, mais aussi pour ses yunohana-goya, ces huttes traditionnelles en paille utilisées pour fabriquer des sels de bain à base de soufre.

On commence par le resto Okamotoya Jigokumushi Pudding alias Onyankopon-ya où je prends un TKG, mais avec un onsen tamago cuit à la vapeur d’onsen et un purin cuit à la vapeur d’onsen. Regi prend un udon à l’œuf et évidemment, un purin aussi.

La première fois que j’étais venue ici, j’étais tombée dessus totalement par hasard, et j’avais adoré. Je devais absolument faire découvrir ce lieu à Regi. Pour me remercier, il m’a repris sur « atatakai » vs « atsui » à la caisse (qui veulent dire tiède vs chaud en japonais), il est vraiment ingrat.

L’ambiance est tellement réconfortante. On mange entourés par la vapeur des sources chaudes, avec cette odeur de soufre si caractéristique, et surtout une vue imprenable sur Beppu. Pendant le repas, je discute même un peu avec une dame de passage, qui semblait curieuse sur la cuisson des oeufs et les vapeurs naturelles. Typiquement le genre de petits moments qui rendent un voyage encore plus spécial.

Une fois le ventre bien rempli, on passe dans une boutique voisine, où je craque sur pas mal de produits liés aux onsen. Quitte à être là, autant faire le plein de soufre pour les bains. Regi se prend un t-shirt de Beppu montrant de différentes sources.

Prochaine étape : un onsen de boue que j’avais déjà fait lors de mon premier voyage.

J’en gardais un excellent souvenir, et comme c’est un bain mixte, je trouvais ça sympa à partager avec Regi. En regardant les avis récents, j’avoue avoir eu un doute : beaucoup disaient que l’endroit avait mal vieilli. Mais je décide de me faire mon propre avis.

Et franchement… j’ai bien fait.

Certes, c’est un peu cher, et l’intérieur un peu vieux, mais l’expérience reste super. Je commence dans le bain intérieur avant de rejoindre rapidement Regi dans le bain extérieur. Il s’agit d’un gros bain gris-blanchâtre, chaud et fumant, dans lequel l’eau est troublée par la grande concentration d’argile. C’est bon pour la peau, et ça permet aux hommes et aux femmes de se baigner ensemble, séparés par une barrière pour éviter tout problème de contact, puisqu’on ne voit pas à travers l’eau. Tant que je suis dans l’eau, tout va bien. Une fois debout… c’est une autre histoire. Les hommes, eux, sont beaucoup moins pudiques. Il y a plusieurs bains un peu plus loin et des chaises pour prendre l’air sur le côté, et certains hommes ne semblent pas trop dérangés par le regard des femmes. Pour les femmes, il y a des barrières sur le côté pour permettre plus d’intimité.

Bien sûr, on ne pouvait pas prendre de photos, on n’avait pas de téléphone et il y avait beaucoup de monde, donc voici quelques photos trouvées sur internet de cet onsen pour vous donner une idée.

On se baigne et on discute tranquillement, mais l’eau est très chaude et on est en plein soleil. Regi part chercher à boire (sans succès), et moi j’en profite pour aller tester les autres bains, en faisant mes petites acrobaties discrètes au moment de sortir de l’eau… bain mixte oblige. Le bain de boue “++” est un peu moins agréable, avec pas mal de feuilles mortes et quelques insectes. Le bain « mushi », lui, est un peu trop froid. Il y a aussi un bain à l’intérieur qui n’a rien de spécial. Au final, le bain principal reste largement mon préféré. Il est grand, joli, avec une bonne dose de boue, et on peut s’approcher ou s’éloigner un peu de l’arrivée d’eau chaude pour varier la température.

En sortant, Regi s’est fait engueuler parce qu’il s’était assis sur une table qu’il pensait être une chaise, et il ne comprenait pas les explications du propriétaire confus, tandis que moi je suis tombé sur un monsieur qui se changeait en cherchant Regi. Bon, de toute façon, il y a de grandes chances que je l’aie déjà vu nu dans le bain juste avant…

Ensuite, changement total d’ambiance.

Regi a trouvé sur internet une randonnée menant à un onsen perdu en pleine nature, et il a beaucoup insisté pour qu’on y aille.

Et il avait raison.

📍Vers Hebinoyu, alentours de Beppu

On avait le choix de se garer et marcher 30mn ou de tenter d’y aller en voiture. Heureusement qu’on n’a pas pris Browny-chan, parce que le chemin n’était franchement pas fait pour lui. Il y avait des routes très accidentées avec de gros trous et de gros cailloux. La balade, elle, est superbe. On traverse des sentiers avec vue sur la baie de Beppu, on passe près d’un petit temple caché dans une forêt de bambous, on longe des rivières… On voit aussi un autre onsen en contrebas, où on esperait pouvoir passer au retour, mais la pente est bien trop raide pour y accéder, et il n’y a pas de chemin. La route montait pas mal vers la fin, et on commençait tout de même à être un peu exténués.

Et puis enfin… le onsen.

Après la marche, on a presque l’impression de l’avoir mérité.

Et honnêtement… quelle claque.

Le bain, perdu en pleine nature, avec cette ambiance… incroyable. Le onsen était littéralement juste une petite rivière formant 4 bassins versant leur eau chaude chacun vers la suivante, ce qui donnait une eau légèrement plus chaude en haut, et tiède en bas. On avait déjà eu notre dose d’eau très chaude dans le bain d’avant, ça nous allait bien.

Quand on arrive, il n’y a qu’une seule personne, ce qui nous convient parfaitement. Le monsieur était installé dans le bain d’en haut, sur son téléphone, on se dit donc qu’on va se mettre en bas pour ne pas se déranger mutuellement. Avec le peu de gens, et le monsieur pas exposé, on en profite exceptionnellement pour prendre quelques photos de ce petit onsen.

Bien sûr, le calme ne pouvait pas durer. Très rapidement, pas mal de monde arrive. Un peu méfiante, je demande à Regi de m’apporter ma serviette pour pouvoir me déplacer un minimum couverte devant tout ce petit monde, puisque la cabine pour se changer était en haut.

On se rhabille ensuite pour aller vers notre dernier onsen de la journée. Encore un bain mixte, encore perdu dans la nature, c’était celui qu’on avait aperçu d’en haut auparavant. Il fallait donc retourner jusque Browny-chan pour y aller en voiture.

Sur le chemin du retour, la première personne qui était dans le bain à côté de nous est sortie juste après nous, et en passant nous propose de nous avancer en voiture. On accepte avec plaisir, et on discute pendant tout le trajet. On apprend même qu’on va se retrouver dans le prochain onsen, ordre classique auprès des locaux, paraît-il. Il nous explique être assez surpris de voir des étrangers jusque dans ces petits recoins, et ça lui fait plaisir que des personnes s’intéressent aussi à la campagne japonaise, et non pas juste à Tokyo, ou même les endroits touristiques de Beppu.

Sa voiture semblait plus haute que Browny-chan, et il s’est quand même tapé un gros caillou sur les routes accidentées. Il ne semblait pas plus dérangé que ça, mais on a bien fait de ne pas le faire avec notre van de location. Il nous dépose à notre voiture, et on se dit à tout à l’heure. Le soleil se couche, on voit un couple étranger monter la route à pied, et on se gare au fond du cul de sac, à côté d’un cimetière.

📍Tsurunoyu, alentours de Beppu

Quand on arrive, l’ambiance est complètement différente. Il y a déjà beaucoup de monde dans celui, tout le monde discute, plaisante, nous pose des questions. L’ambiance est vraiment chaleureuse. C’était vraiment sympa et bon enfant, sans être gênant. Il y avait une demi-douzaine hommes de tout âge, y compris le monsieur qui nous avait avancé, qui étaient en train de discuter, et qui nous ont intégré à la conversation.

Un peu plus tard, un couple de Français arrive, tous les 4 surpris de voir d’autres français. C’était probablement les personnes qu’on a aperçu marcher auparavant. Ils se posent dans le bain à côté de nous, ce qui donne à Regi plus de facilités pour la conversation qu’avec des quinquagénaires japonais. Je fais la traductrice pour qu’on puisse tous discuter ensemble, puis ils décident de partir.

On ne tarde pas non plus à les suivre peu après, mais avant de partir on demande aux personnes présentes s’ils peuvent nous prendre en photo avec notre téléphone, inspiré par les français d’avant nous. C’était vraiment une expérience sympa, si on enlève certains messieurs qui semblaient particulièrement fiers d’exposer leurs attributs dans des positions… discutables. On repart tout ressourcé, lessivé, et soufré.

Sur la route du retour, à côté du cimetière, le porte-bagages accroche une branche un peu basse et tombe. On essaie de le remettre tant bien que mal. Je dis à Regi que ce n’est probablement pas dans le bon sens. (spoiler alert : ce n’est pas dans le bon sens).

📍Côte de Beppu

Comme on va passer la nuit dans le van, il faut vraiment que nous trouvions une solution pour mieux dormir. On passe donc dans une boutique d’occasion ainsi qu’un Don Quijote afin de trouver des couettes plus chaudes. Sur le parking on tombe sur une voiture dont le propriétaire veut VRAIMENT nous faire savoir qu’il est vieux, avec au minimum 4 stickers sur sa voiture. Au moins, on peut pas dire qu’on savait pas. Dans le Donki, on a longuement hésité entre un set de futon tout fait (lit japonais) ou juste une couette, mais on part sur une couette pour finir. On a également assisté à une scène où une maman coréenne est rentrée accidentellement dans le rayon 18+ avec sa fille de ~5 ans, avant d’en ressortir hâtivement, toute gênée, avec la petite qui la suivait, confuse… La maman nous a vu, et on a bien rigolé.

Une fois nos courses faites, on finit au Kura Sushi qu’on a repéré sur la route en allant au Donki. On y a gagné une petite babiole comme d’habitude. Toutes les 5 assiettes, on a le droit à un petit jeu pour tenter de gagner un petit prix. Lorsque l’on vient à 2, c’est sûr à quasiment 100 % de gagner au jeu. J’ai calculé que l’on gagne environ toutes les 25 assiettes, et on les mange facilement à deux.

J’ai mangé des sushis crevettes-fromage en l’honneur de Vivi et surtout parce que c’est franchement bon ! Il y a beaucoup de choix au Kura Sushi et même si au Japon ce n’est pas considéré comme du grand art, pour nous venant de France, c’est largement suffisant. Et bon marché en prime. On s’est bien rempli le ventre, parfait pour dormir après la grosse journée.

📍Tanoura Beach

Avant d’aller dormir, on tombe sur une plage avec une vue magnifique sur Beppu de nuit. Regi en profite pour faire quelques panoramas pendant que je regarde les étoiles sur le sable en profitant du bruit de l’eau. Quelques photos plus tard, on rejoint enfin notre michi no eki.

Une journée longue, intense… mais remplie de souvenirs.

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