Vendredi 21 Novembre 2025
Préfecture de Oita, Région de Kyushu
📍Michi no Eki Tanourara
Le réveil est dur. Mais en vrai, les réveils sont toujours durs depuis le début du voyage. En même temps, nos journées sont intenses et on dort très peu. On sent l’air de la mer d’en face de la route, et des trains passent occasionnellement au fond du parking. Avant de partir, Regi voulait prendre une photo du train qui passait derrière Browny-chan, mais le train est passé juste lorsqu’il est allé un peu plus loin. Tant pis.
Petit pipi du matin en passant devant un ancien wagon de train de la ligne exposé sur le parking du Michi no Eki, tel un mini-musée, et direction le onsen à l’eau bleue situé dans le quartier de Myōban. Je suis contente d’y retourner !
On prend la route sans même s’arrêter à la boutique du michi no eki. Le onsen auquel on veut aller étant situé entre Beppu et Ōita, on profite tranquillement de la vue sur la baie pendant le trajet.
📍Myoban Yunosato Onsen
Aujourd’hui, on rejoint Dada et Meme, donc je DOIS me laver les cheveux. Le problème est qu’il n’y a toujours pas d’eau douce dans ce onsen ! Je me lave du coup… au soufre ! Encore…
Bon, techniquement, c’est très bon pour les cheveux. Mais niveau odeur, on repassera. Quand je touche mon collier, il commence même à noircir. Je décide donc de retirer tous mes bijoux et de les ranger dans mon porte-monnaie. Ça attendra que je retrouve une vraie douche. Le bain opaque légèrement bleuté doit sa couleur aux minéraux naturels de la source. Nous sommes juste à côté du bain d’argile d’hier, après tout.
Il y avait un peu de monde au onsen chez les femmes et j’ai un peu discuté avec des dames dans le onsen intérieur. Comme il commence à faire vraiment chaud, je finis par m’installer dehors pour profiter du calme, malgré quelques conversations autour. Regi m’expliquait que de son côté c’était très calme. Il y avait quelqu’un avec lui au début, mais à la fin la personne est partie, et il a pu aller prendre une photo avant de partir. Il y avait également une jolie vue sur la baie par dessus la barrière, à condition d’être assez grand…
Je rejoins ensuite Regi à l’extérieur puis on retourne au van… en infestant absolument tout avec notre odeur d’œuf pourri. On décide d’aller vers le centre ville de Beppu pour quelques achats et un repas en attendant de se retrouver avec nos amis.
Regi: Beppu était une ville que je voulais visiter depuis que Leelee y était allée en 2020. Ses photos des 7 enfers que nous allons visiter plus tard m’avaient toujours intrigué, j’imaginais la ville ayant un côté surnaturel avec des sources fumantes absolument partout, j’avais donc très hâte de cette journée, même si on a déjà eu droit à un avant-goût avec les 3 onsens spéciaux de la veille.
📍Yamada Denki
On fait un détour à Yamada Denki, un équivalent de Darty, pour trouver une solution pérenne pour stocker les vidéos de la GoPro tout le long des vacances. On dépense un peu d’argent mais ça va bien nous aider pour le reste du voyage. C’est le problème avec les films, ça prend beaucoup plus de place que les photos. Mais c’est aussi un merveilleux souvenir, donc aucun regret.
Une pub de jeu de Switch a également attiré notre attention à prime abord, qui semblait être orienté autour de commerce en train dans tout le pays, notamment de spécialités locales, mais en regardant plus en détail on ne le trouve pas fou…
On profite d’être bien garés pour ranger le van car nous allons avoir des invités. Vu de l’extérieur, la scène devait être assez drôle : deux gaijin en train de réorganiser le chaos absolu de leur road trip, avec un peu (beaucoup) de trucs de weeb éparpillés partout. On en profite aussi pour se changer discrètement pour être plus adapté au resto, en essayant de faire attention que personne ne passe.
Puis vient enfin l’heure de manger.
À la base, on devait retrouver Dada et Meme pour le repas, mais leur bus a eu du retard. On décide donc de manger de notre côté. On laisse Browny-chan bien garé et on part à pied vers le restaurant.
📍大谷うな重 別府やよい店
On passe par de petites ruelles trop mignonnes, embellies par les couleurs d’automne, et on arrive dans une shotengai [ndr: rue pietonne commerçante couverte] pleine de vie. Le resto est tenu par une petite mamie ultra pipou. On prend de l’anguille préparée d’une manière que nous ne connaissions pas, marinée puis grillée au barbecue, [note pour retrouver ce plat: kabayaki en teishoku] tout en regardant une émission japonaise complètement absurde à la télévision, qui parlait de séries télé. Franchement, c’était un moment parfait. Un repas incroyable, une ambiance chaleureuse et ce Japon du quotidien que j’aime énormément.
Regi: Il s’avère que le centre ville de Beppu au bord de la mer était plus proche d’une ville japonaise classique que ce que j’imaginais ! Il y avait effectivement des colonnes de fumée ici et là, noircissant un peu certains murs. Au fur et à mesure de la journée je comprends que cette partie est beaucoup moins touristique que ce que j’aurais imaginé, et que tous les touristes arrivent principalement en cars au nord de la ville afin de visiter les enfers, puis continuent leur périple sans jamais passer par la case centre ville. Cela a donné un certain charme calme inattendu à la ville, même si c’était très différent de ce que j’envisageais.
Une fois de retour au van, on termine le rangement puis on reprend la route pour rejoindre enfin les amis à l’hôtel, ils sont au final arrivé un peu avant nous. On a dû laisser l’hôtel s’occuper d’aller garer notre van, je plains l’employé pour l’odeur de soufre auquel il a dû avoir droit… On est contents de se retrouver aussi loin de la maison, mais pour l’instant c’est pragmatique: check-in rapide, découverte de la chambre, dépôt des affaires… La chambre avait une belle vue, mais était assez petite pour nous quatre. On organise un petit coin de rangement pour chaque couple, puis direction les jigoku meguri, les Enfers de Beppu, l’attraction touristique phare de la ville.
Il est déjà un peu tard donc on essaie de se dépêcher un peu car la journée est déjà bien avancée. Les enfers ferment à 17h, ce qui nous laisse à peine deux heures pour commencer la visite. On décide de débuter par ceux du haut avant de redescendre progressivement. On a choisi l’hôtel de manière à pouvoir y aller à pied en cinq minutes, et on discute un peu sur le chemin, afin de faire connaissance pour ceux qui ne se connaissaient pas.
📍Enfers de Beppu
Les Enfers de Beppu sont 7 sources chaudes naturelles très particulières, toutes proches les unes des autres, mais toutes étonnamment différentes si on tient compte de leur distance. On ne peut pas s’y baigner, les températures étant bien trop élevées. On arrive à l’entrée de la première, on prend nos billets, on nous distribue à chacun un carnet à tampons à compléter, et on attaque.
Oniishibozu Jigoku, l’Enfer des Têtes de Moines
On commence par Oniishibozu Jigoku qui doit son nom aux petits lacs de boue blanche/grise qui forment des cloques ressemblant aux cranes rasés des bonzes. Il y a plein de petits « étangs » d’eau voire boue blanche comme de l’argile, extrêmement opaque, et extrêmement chaude, même si notre cerveau n’a qu’une envie c’est d’y aller après avoir enchaîné tous ces bains. La fumée sort absolument de partout, et l’odeur de souffre est fort présente. Il y a un petit bain de pied à l’eau de la source rafraichie disponible, mais il y a beaucoup de monde, donc on passe notre tour. On peut également y voir des roches de lave.
Umi Jigoku, l’Enfer de la Mer
Le second, Umi Jigoku, est sans doute l’Enfer le plus connu et celui visité en premier par la majorité des gens. On est tout d’abord accueilli par un grand lac ou poussent entre autre des nénuphars. Tout comme celui d’avant et ceux qui vont suivre, on collecte les tampons, on visite, regarde, prend des photos, filme puis va à la boutique. Pas forcément toujours dans cet ordre. Au final, on n’aura le temps de faire que trois enfers sur les sept aujourd’hui.
Le terme Enfer prend tout son sens ici. D’immense colonnes de fumée nous suivent tout le long du chemin et les lacs d’eau bleue atteignant une température de 98°C donne incroyablement envie de s’y baigner… Mais une fois. Le soleil commence déjà à se cacher, rendant les photos de la source principale un peu complexes, mais l’eau était d’un bleu magnifique, bien plus intense que celui du onsen de ce matin.
On a également aperçu des caisses de préparation d’œufs cuits à la vapeur des enfers (98°C), qui sont disponibles à l’achat pour la consommation pour les visiteurs.
Dans la boutique Regi a découvert une boisson à la mandarine d’été et au kabosu, un agrume vert local, délicieuse mais disponible qu’en petites bouteilles, et se prend d’affection pour cette boisson. J’aurais vraiment dû ramener des graines, j’aurais pu en faire pousser en France. Malheureusement, on ne retrouvait plus trop cette boisson par la suite du voyage, le kabosu semblait être une spécialité locale, dommage.
Le soleil couchant rendait tout de même très bien sur le reste du parc de cet Enfer, qui s’apparentait à un petit sanctuaire.
Kamado Jigoku, l’Enfer du Chaudron
Avec juste assez de temps pour en faire un troisième, on se dirige vers le Kamado Jigoku. Il y avait beaucoup de touristes, et je pense que je comprends pourquoi. Il y avait plein de lac différents, avec une eau un coup bleue, un coup marron, etc. On s’est lancé un défi de boire des shots d’eau de la source… De l’eau des enfers encore brulante (80°C), il faut attendre un peu avant d’en boire. Normalement c’est bon pour le corps mais… C’était immonde ! Il y avait un côté un peu sucré, minéral, dur à décrire, et c’était presque un défi de finir le gobelet d’eau à deux… Il y avait aussi la possibilité de faire des inhalations de vapeur, qui étaient bien plus agréables que de boire l’eau.
📍Oniyama Hotel – おにやまホテル
La fatigue de la journée commence à se faire sentir, et les amis n’avaient toujours pas mangé aujourd’hui, on avait besoin de se poser. On rentre à l’hôtel pour se plonger dans les onsens. C’est la grande première de Dada et Meme donc avant toute chose, une petite explication des règles s’impose. Puis enfin c’est le grand moment !
On reste ensemble tout le long avec Dada. Déjà parce qu’elle ne voit absolument rien sans lunettes, mais aussi parce qu’on peut discuter tranquillement entre filles pendant que les garçons sont de leur côté.
Regi: Ah ça, les filles discutaient, on entendait le boucan à travers les rondins de bois et les cascades d’eau fumante. Je n’ai jamais eu l’occasion de faire de onsen avec un ami, mais encore moins avec quelqu’un que je rencontre à peine, sur le papier ça paraissait être le pire des deux mondes entre la proximité d’un ami proche et l’indifférence d’un inconnu total. Heureusement que je suis pas trop timide. On s’est baigné un peu en décalé puisque Meme a dû se raser avant, on s’est croisé pour discuter un peu et mieux faire connaissance, mais je suis sorti assez rapidement parce que l’eau était vraiment très chaude, même dehors avec l’air frais je n’arrêtais pas d’alterner de rentrer et sortir du bain. Avec rien dans le ventre, je commençais à avoir la tête qui tourne. Nous sommes sortis à peu près en même temps et avons pu discuter un peu plus autour d’une boisson post-bains, ça fait du bien. C’était pas si difficile au final !
On reste un bon moment dans les bains avant de finalement sortir. Les bains utilisent l’eau des enfers, mais contrairement à ceux de ce matin, il y a ici de vraies douches à côté avec de l’eau claire. ENFIN !!! Pas que je trouve désagréable de se baigner à l’eau de soufre, mais l’odeur qui nous suit après est vraiment problématique. Cela dit, je m’étais habituée à l’odeur sur moi… Mais ça fait tout de même vraiment du bien de pouvoir se laver normalement.
Lorsqu’on remonte, les garçons sont déjà là. Ils nous ont raconté qu’ils n’ont pas pu rester super longtemps dans l’eau, car ils ont eu trop chaud. Faibles. L’eau des bains de cet hôtel vient d’un des 7 enfers que nous visiterons demain. La fatigue commence vraiment à peser et on galère à trouver un restaurant ouvert qui nous intéresse. Au lieu de tourner en rond sur Maps, on décide simplement de marcher afin de trouver notre bonheur.
Et honnêtement, Beppu de nuit est incroyable. De la vapeur s’échappe littéralement de partout. Une bouche d’égout, une fissure dans le sol, un coin de rue, les enfers à l’horizon… hop, encore un nuage de vapeur.
Regi: Ici nous n’étions pas dans le gros centre ville classique, mais plutôt dans un petit ancien quartier aux abords des enfers, où l’eau coulait partout en dessous de nos pieds, et plein d’hôtels, auberges, onsens et autres entreprises se servaient de cette eau, et cette fois ci ça se rapprochait beaucoup plus de l’ambiance mystérieuse que j’avais pu m’imaginer avec ce que m’avait raconté Leelee il y a quelques années de ça. De voir tout ça suite aux enfers surnaturels était vraiment ce que j’espérais pouvoir voir un jour.
📍Restaurant Yurari
On finit par trouver quelque chose d’ouvert un peu plus loin qui semble plaire à tout le monde. On a du mal à trouver le lieu car c’est le resto d’un complexe de onsen, et l’entrée n’était vraiment pas claire, on a dû demander de l’aide à des locaux qui passaient par là, et ils semblaient tout aussi confus que nous… Ce qui est plutôt rassurant, quelque part. Mais on a bien fait d’insister car ça valait le coup. On prend beaucoup à manger, parce que toute cette marche nous a ouvert l’appétit, et les amis n’avaient toujours pas mangé. Cela nous a permis de goûter à toutes les spécialités d’Oita que proposait ce resto, tout le monde a commandé plusieurs choses qu’on a fait goûter aux autres.
Pour finir le repas on se fait plaisir avec le fameux yume no korabo. Bon, fameux je ne sais pas, mais il le sera pour nous. Un purin/pudding avec de la glace vanille à l’italienne crémeuse par dessus. Incroyable. Effectivement, une “combinaison de rêve” (c’était littéralement le nom du dessert).
Une fois le ventre bien rempli, on rentre à l’hôtel. Sur le chemin on discute beaucoup et prend pas mal de photos, l’endroit est très calme, et très photogénique. J’adore vraiment cette ville.
Une fois rentrés, on arrive dans la chambre et on constate que le service s’est occupé de préparer nos futons durant notre absence. Tous alignés et serrés dans la petite chambre, on décide de l’ordre suivant : Regi, moi, Dada puis Meme. C’est quand même assez drôle quand on y pense d’avoir une belle brochette de futons comme ça, puisque c’est littéralement la première fois que je rencontre Meme. Même chose pour Regi, même s’ils étaient déjà allés ensemble au onsen plus tôt dans la journée.
On discute un tout petit peu tous les 4, et j’en profite pour annoncer nos fiançailles à Dada, mais on n’a pas fait long feu. Regi et moi étions debout depuis très tôt et avions besoin de sommeil, ou plutôt, ne pouvions plus trop lutter contre, mais les amis sont restés éveillés un peu plus longtemps pendant que nous nous endormions. C’était une très bonne journée. On a beaucoup rigolé, découvert plein de choses… et encore une fois, Beppu ne m’a absolument pas déçue. J’étais très contente de faire découvrir cet endroit tant attendu à Regi et Dada.
















































































































